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AU-DELÀ DE LA HAUTE COUTURE AUX YEUX D’HELMER JOSEPH



Le couturier Montréalais Helmer Joseph a pu redonner vie à d’anciens modèles de robes de Christian Dior en collaboration avec le Musée McCord, et la polyvalence fut au rendez-vous. Après avoir fermé boutique à Montréal, celui-ci est retourné en Haïti pour y donner des formations et ouvrir l’Institut d’excellence de mode contemporaine. Il a ensuite reçu cette invitation de collaboration du Musée McCord pour confectionner trois robes de Christian Dior datant des années 50.


Toutefois, il ne s’agit pas de la première collaboration entre Helmer Joseph et le Musée Mccord. Il a auparavant travaillé sur plusieurs autres projets dont des expositions, un défilé, et a collaboré au 90ième anniversaire du Musée montréalais.


« Mon expérience parisienne et mes formations en haute couture m’ont grandement aidé, » exprime-t-il.


La confection des robes Bella, Dolores et Arthénice a été un projet de longue envergure, mais n’était pas un terrain inconnu pour le couturier qui a travaillé chez Dior durant les années 1990

et 2000.



« J’ai travaillé longtemps sur les robes, » explique-t-il. Il a passé entre quatre et cinq jours à confectionner les jupons, en s’assurant d’appliquer les techniques manuelles à l’ancienne de couture de Dior des années 50. Il a tout de même pu, pour une fois, prendre le temps d’admirer son travail. « D’autant plus, de pouvoir le faire et d’être accompagné par des professionnels qui voyaient l’évolution du travail, c’était extraordinaire.»



Cette polyvalence et cette discipline sont le fruit de plusieurs années d’expérience, et c’est en travaillant dans plusieurs maisons de couture qu’il a pu se perfectionner. “Chaque maison fonctionne différemment. Elles ont chacune leurs exigences et techniques particulières, et c’est ce qui fait la différence.”

Helmer Joseph exprime la complexité et la dextérité qu’il faut pour être en mesure d’accomplir un tel travail, et pour lui, sa connaissance et son intérêt pour la haute couture ont été partie intégrante de son enfance. Dès l’âge de 4 ans, il observe la mode et la couture de sa communauté.


“Toute mon enfance, je regardais passer les mariages,

et les cortèges qui allaient au cimetière tous les matins avant d’aller à l’école,” ces souvenirs ont influencé ses modèles de couture dans ses défilés passés, auxquels il a incorporé des tenues d’enterrements.


« Je pense que j’ai gardé l’esprit, l’image des femmes toujours bien habillées, sobres, sans vulgarité. C’est peut-être la raison pour laquelle j’aime beaucoup les gants dans mes défilés, » exprime-t-il, en faisant référence à la mode des années 60 en Haïti. Pour Helmer Joseph, la haute couture est complexe.


Il explique : pour qu’un modèle soit considéré comme haute couture, plusieurs artisans doivent avoir travaillé sur celui-ci. Il décrit le processus complet comme étant une compilation de talents. Selon lui, il ne s’agit pas juste de haute couture, mais plutôt le résultat du travail d’une équipe d’artisans.



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